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Résistance spirituelle

Editorial de Mgr Marc Aillet - Notre Église n°37 - Mai 2013

 
         
 

À l’heure où j’écris ces lignes, le projet de loi Taubira est en discussion accélérée à l’Assemblée nationale, comme si devant l’opposition croissante au mariage et à l’adoption pour tous, les pouvoirs publics étaient comme pris de panique. Comment justifier autrement la radicalisation des moyens de répression policière à l’encontre de manifestants dont l’écrasante majorité demeure pacifique, contrastant de manière criante avec le traitement modéré réservé à des mouvements sociaux où l’on observe régulièrement et sans s’en alarmer des exactions violentes. Comme le soulignait le cardinal André Vingt-Trois, dans son discours d’ouverture de notre assemblée plénière de printemps à Paris, le 16 avril dernier : « Réduire ces manifestations à une manie confessionnelle rétrograde et homophobe ne correspond pas à ce que tout le monde a pu constater ». Quand 55 % des français interrogés disent leur désaccord avec le projet de loi Taubira, quand des centaines de milliers de citoyens descendent dans la rue pour dire, au nom du simple bon sens, leur attachement inconditionnel à la famille fondée sur l’union stable d’un homme et d’une femme et au droit de l’enfant à être élevé par un père et une mère, il y a plus qu’une grogne incontrôlée ou une revendication catégorielle. Comme le suggérait le Président de la Conférence des évêques de France, dans le même discours d’ouverture, ce témoignage public rendu à la vérité sur le mariage et la famille par de nombreux catholiques, dont de très nombreux jeunes décomplexés de la génération JMJ, fait partie de la nouvelle évangélisation.

À condition qu’elle demeure pacifique, évitant soigneusement de se laisser piéger par les multiples provocations à la violence de la part d’une poignée d’extrémistes prêts à en découdre, voire de policiers en civil infiltrés, cette mobilisation est pleinement légitime. Le 17 avril au soir à Paris, j’ai été le témoin fier et ému devant la gravité calme et silencieuse de centaines de jeunes « veilleurs pour la famille », engagés dans un « sitting » aux Invalides au nom de leur « résistance spirituelle ». Aucune provocation, y compris de policiers désarmés par leur attitude pacifique, n’a pu entamer cette non-violence, moins empruntée à une technique de comportement qu’au ressort de leur vie intérieure. Ces jeunes manifestants, qui se refusent à faire passer leur intérêt particulier avant le bien commun de la société et qui demeurent dans le respect des personnes, ont besoin d’être encouragés par des pasteurs qui leur rappellent que « la fine pointe du combat que nous avons à mener n’est pas une lutte idéologique ou politique. Elle est une conversion permanente pour que nos pratiques soient conformes à ce que nous disons… Alors, l’écart qui doit apparaître entre notre manière de vivre et les conformismes de la société ne pourra pas être perçu comme un jugement pharisien, mais comme un espace d’appel et comme une espérance » (cardinal André Vingt-Trois). Ces jeunes auront besoin d’être accompagnés spirituellement, voire formés à une action sociale et politique conforme à l’enseignement de l’Église, pour pérenniser ce « printemps des consciences » dont ils sont appelés à être les acteurs privilégiés. Il ne faut donc rien lâcher, ni dans la fermeté de la mobilisation, ni dans la douceur qui seule convertit en nous la violence en force d’âme ! D’ailleurs, l’approbation parlementaire, voire l’avis favorable du Conseil constitutionnel et même les décrets d’application ou les ordonnances du gouvernement, ne changeraient rien à notre opposition de fond, car « il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5, 29), selon le mot de l’apôtre Pierre comparaissant devant le Sanhédrin. C’est qu’un Parlement n’a pas autorité pour redéfinir le mariage qui est d’institution divine.

Mais il convient que cette résistance soit spirituelle, en puisant à la source de la prière, et morale, en inscrivant les convictions anthropologiques que nous défendons dans nos modes de vie quotidienne. Il faudra donc avoir le courage de résister au monde ambiant, ainsi que le suggérait le cardinal Joseph Ratzinger, en 2004, se prenant à rêver le futur d’une « Église intériorisée », « qui ne se targuera pas d’un mandat politique, qui ne fera pas les yeux doux ni à la droite ni à la gauche », une Église de pauvres, petit troupeau qui redonnera l’espérance à un peuple immense, à condition « d’avoir le courage et la force de se montrer différent de ce que propose la modernité ».
Comme en écho à ces propos visionnaires de notre pape émérite, n’est-ce pas précisément le programme que le pape François nous trace depuis le début de son pontificat, quand il nous invite à renoncer à nos idoles ? En jésuite averti, il semble prêcher à l’Église une grande retraite spirituelle à la manière des Exercices de saint Ignace, en nous invitant à la radicalité évangélique : « Cela a une conséquence dans notre vie : se dépouiller de beaucoup d’idoles petites et grandes que nous avons, et dans lesquelles nous nous réfugions, dans lesquelles nous cherchons et plaçons bien des fois notre sécurité. Ce sont des idoles que nous tenons souvent cachées ; elles peuvent être l’ambition, le carriérisme, le goût du succès, le fait de se mettre soi-même au centre, la tendance à dominer les autres, la prétention d’être les seuls maîtres de notre vie, quelques péchés auxquels nous sommes attachés, et beaucoup d’autres » (Homélie du 14 avril 2013, à Saint-Paul hors les murs).

En ce mois de mai, confions ce combat spirituel à la Vierge Marie, « terrible comme une armée rangée en bataille ».

+ Mgr Marc AILLET,
Évêque de Bayonne, Lescar et Oloron.


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